Sœurs Chocolat – Catherine VELLE

Résumé de quatrième de couverture 

« Elles ne sont pas sœurs… elles sont Sœurs. Leur petite communauté, au cœur de la France, subsiste – difficilement – grâce au délicieux chocolat qu’elles produisent. Mais si elles manquent le rendez-vous au fin fond de la Colombie, la part de fèves de cacao qui leur est réservée sera immédiatement attribuée à d’autres. Quittant leurs habits monastiques, elles se retrouvent dans la forêt amazonienne, face à des bandits qui convoitent leur trésor de fèves. Prêtes à tout pour sauver leur communauté, elles vont changer d’identité, jouer du revolver, chanter et danser dans un cabaret infesté de malfrats… 

Une aventure haletante et pleine de fantaisie, dans la plus pure tradition romanesque. » 

A propos du livre

J’ai commencé la lecture de ce livre au mauvais moment, quelques jours avant mon accident de voiture. Ce qui fait que les premières pages, je les ai lues en dilettante et j’ai eu du mal à rentrer dedans. On se demande comment cela va se retourner, si c’est un roman à suspens, un thrilleur ou un roman d’aventures que l’on vient d’entamer. Au début, j’ai eu l’impression d’un peu de tout. Un mélange qui ne dure que quelques dizaines de pages tout au plus, mais qui est déroutant. Et aussi très intriguant. On a envie de savoir comment elles vont s’en sortir.  

Mais ce n’était pas le bon moment personnellement pour ce livre, pour lire d’une manière générale. Alors je l’ai laissé de côté un moment, sans pour autant commencer un autre livre, j’ai juste attendu que la lecture m’attire à nouveau. Ça n’a pas demander beaucoup de temps, tant j’aime ça. Donc je me suis replongée dans ce livre, en feuilletant les pages déjà lues pour ne rien avoir oublié et être prête à embarquer dans une nouvelle histoire. 

Et là j’ai été emporté dans l’incroyable aventures de deux bonnes sœurs parties à l’autre bout du monde chercher leur précieux trésor : des fèves de cacao. Et si je dis “incroyable” ce n’est pas pour rien : il leur arrive tant d’aventures que l’on est parfois tenté de se dire que c’est impossible et puis la description d’un superbe paysage d’Amazonie nous rappelle vite à l’ordre ! Après tout, dans un roman à l’autre bout du monde, tout est possible.  

Alors on se laisse surprendre, on embarque en Colombie, on rencontre avec elles les personnages qui façonnent leurs aventures, tant de personnalités bienveillantes que de gens qui en ont après elles et qui leur veulent du mal. Car oui, comme dans tout roman, il arrive un moment les héroïnes perdent le contrôle et ne sont plus maitresses de leur histoire. Et c’est ce qui fait le charme de ce roman. Elles ne contrôlent pas grand-chose de leur périple mais feront tout pour s’en sortir à tout prix, elles sortiront largement de leur zone de confort et de croyance, voire de ce qui leur est permis pour atteindre le but de leur mission, trouver ces fameuses fèves si particulières qui leur ont fait remporter le plus prestigieux des prix en termes de chocolat. Car de cette mission dépend la survie de l’abbaye, dont les revenus sont basés sur le chocolat produit, et en ce moment, les revenus sont maigres et l’abbaye en petite forme. 

Cela vaut d’autant plus que, si la plus jeune n’était rentrée dans l’abbaye que depuis peu de temps, la plus ancienne des deux n’était-elle, au contraire, pas sortie de ces murs depuis quatorze ans et découvrait un monde dont elle n’avait aucune idée. Des nouveaux moyens de transports aux nouveaux moyens de communication, tout lui était étranger et elle le découvrait en partant dans un pays qui se trouve sur un autre continent.  

Et la cuisine dans tout ça ?  

On envisage la cuisine sous d’autres angles grâces aux sœurs.  

C’est d’abord la frugalité de leur repas, partagés dans une salle de vie commune dans l’abbaye qu’elles occupent. Chacune d’entre elles à leur place bien désignée, souvent en fonction de leur hiérarchie au sein de la communauté, elles se restaurent des mets cuisinés par l’une d’entre elles, avec ce qu’elle a pu trouver de provisions. Car la communauté n’est pas riche et il n’est de toute façon pas dans la philosophie de vie des moniales de faire de gargantuesques repas. Et pourtant, elles le disent si bien, certains repas réchauffent le cœur des sœurs plus que d’autres et ils tombent généralement au bon moment, la moniale cuisinière sachant quand il est temps de faire un peu plus que d’habitude, un peu plus que ce que dicte la vie des sœurs.  

On retrouve aussi quelques passages agréables sur les différents plats que les sœurs en mission se retrouvent à gouter, ou même à éviter. La découverte de fruits inconnus, de traditions différentes. Et du courage que l’on imagine pour une personne restée 14 ans dans le même lieu de vie que tout cela demande. Et elle y prend tout de même goût, elle s’aventure et s’ouvrent aux nouveautés, en premier lieu par les repas proposés, en quelque sorte un premier contact avec un monde extérieur qui lui est devenu si lointain. Elle se laisse même emporter par des menus appétissants, revoyant la frugalité habituelle de ses repas. 

Et puis surtout il y a le chocolat, pour lequel deux des sœurs de la communauté de Saint Julien du Monde traversent toutes les épreuves qui se retrouvent sur leur route. Tout cela avec un seul objectif, récupérer les précieuses fèves pour sauver leur communauté. Car leur chocolat est réputé, il a même été récompensé de la plus haute distinction et il devient convoité. Et là, la cuisine, la préparation du chocolat, la recette qu’elles détiennent depuis de si nombreuses années, décennies, devient une question de survie. De survie de la communauté et les moniales en mission mettront leur survie personnelle en jeu pour cela, pour la communauté. Et celles qui sont restées ne sont pas sans agir non plus. Elles cherchent et recherchent encore dans leur base de savoir, des livres, de quoi agrémenter de nouvelles recettes, comment s’ouvrir à de nouveaux produits et relancer, pour sauver à tout prix leur abbaye. Et ce n’est pas de la cuisine pour elles, non, c’est de la cuisine pour les autres, ceux qui veulent se régaler de leur chocolat. La cuisine et le chocolat sont une histoire de dévouement, dévouement presque semblable à celui qu’elles portent à la religion, car tout est lié. Sans le chocolat, de sa production à sa vente, l’abbaye qui accueille les moniales et leur foi ne serait pas, et si les traditions ne sont pas perpétuées, elle ne survivra plus.  

Ce que j’en pense ?  

Ce n’est peut-être pas le meilleur des livres que j’ai lu (mais saurais-je en choisir un ? Un meilleur parmi tous ? J’en doute fort), mais je l’ai apprécié, sans hésitation. Il fait voyager d’une manière différente, il nous rappelle que tout le monde n’a pas forcément le téléphone dans la main, et nous découvrons à travers des yeux innocents et naïfs un monde extérieur qui peut être féroce. Et même si personnellement je le sais un peu, n’étant pas moniale et étant confrontée au monde extérieur quotidiennement, j’ai trouvé agréable de retrouver ces sensations, tant de naïveté que de découverte. De me replonger dans des premières expériences personnelles de voyage et de découverte, de se demander si tel ou tel plat est mangeable ou s’il est raisonnable de suivre ce chemin. J’apprécie aussi la complémentarité des deux sœurs qui mènent la mission, l’honnêteté avec laquelle est décrite le fait de voyager à deux avec les moments de déconvenues mais aussi les moments heureux de partage.  

Le récit d’aventure juste, teinté d’humour, d’émotions et de retenus lorsque cela est nécessaire. Aventures que l’on pense peu probables voire impossible de prime abord ; ou alors que dans un roman bien qu’en y réfléchissant, dans les voyages, toutes les rencontres et les péripéties sont bien possibles. Et finalement on se dirait même qu’on a envie de les vivre ces aventures, et on retombe dans la magie du roman.  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *